Journée d’études « Éloigner les étrangers au XIXe siècle : expulsions, déportations, relégations », 19-20 janvier 2018, Paris

Journée d’études
Colegio de España, Cité universitaire de Paris
19-20 janvier 2017
« Éloigner les étrangers au XIXe siècle : Expulsions, déportations, relégations »

Ces deux journées d’études ont pour but d’étudier et de comparer différentes mesures d’éloignement prises à l’encontre des étrangers au XIXe siècle en Europe et dans certaines colonies européennes. Après la Révolution française et pendant les décennies qui ont suivi jusqu’aux années 1870, de nombreux pays européens ont fait face à l’augmentation du nombre d’exilés politiques et de migrants étrangers cherchant asile et travail. Conduites par ces circulations à modifier leurs politiques migratoires en profondeur, les autorités politiques et administratives de ces pays ont pu conditionner l’accueil des étrangers en les éloignant de certains lieux perçus comme politiquement sensibles (en particulier, les frontières et les villes), tout en assortissant parfois ces mesures de formes d’internement ou même d’incarcération. Elles ont aussi recouru, dans des cas de menace plus extrêmes, à l’expulsion, à l’extradition ou à la déportation vers l’outre-mer. Mais les colonies ne servaient pas seulement à se délester des étrangers : les puissances impériales ont aussi expulsé les non-nationaux considérés comme indésirables de leurs territoires ultramarins lorsqu’ils s’avéraient un danger pour leur stabilité.

Si l’on s’intéressera avant tout aux mesures judiciaires et administratives tendant à l’expulsion des étrangers, on se penchera également sur les pratiques d’exclusion et de reconduite à la frontière émanant de la société civile. Au sein des populations des pays d’accueil, certains groupes ont pu adopter des mesures d’expulsions spontanées, en raccompagnant à la frontière des groupes d’étrangers jugés indésirables, non sans recours à la violence. Il s’agira ainsi d’étudier ces différentes mesures et phénomènes dans toute leur diversité, en suivant leur chronologie selon une approche comparée dans différents pays européens et américains, et en cherchant à comprendre à quels groupes elles s’appliquaient en priorité et selon quelles logiques politiques, économiques et sociales. On s’interrogera aussi sur les réactions et contestations des personnes expulsées et déportées, afin d’évaluer leur capacité d’action (agency) face à des décisions auxquelles ils pouvaient désobéir.

Ces journées permettront ainsi d’exposer et de discuter les résultats des recherches individuelles et collectives menées par les chercheur-se-s du groupe AsileuropeXIX sur un thème pionnier dans l’étude du xixe siècle européen et américain. Les communications seront publiées dans le numéro spécial d’une revue académique sur les migrations hébergée par l’Université de Toulouse (Diasporas : Circulations, Migrations, Histoire, Presses universitaires du Midi, dossier à paraître en 2019). Plus largement, les résultats des journées d’études seront divulgués à un vaste public de chercheurs, d’enseignants et d’étudiants par l’intermédiaire du site web du programme AsileuropeXIX (https://asileurope.huma-num.fr/).

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Comité d’organisation : Delphine Diaz (Université de Reims Champagne-Ardenne), Jeanne Moisand (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Romy Sánchez (Université de Caen-Normandie), Hugo Vermeren (Université de Reims Champagne-Ardenne).

Participants : Sylvie Aprile (Université de Paris-Nanterre), Marie Bassi (École française de Rome), Fabrice Bensimon (Université Paris 4-Sorbonne – University College London), Edward Blumenthal (Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle), Bastien Cabot (EHESS), Delphine Diaz (Université de Reims), Laurent Dornel (Université de Pau et des Pays de l’Adour), Antonin Durand (École Normale Supérieure de Paris), Torsten Feys (Université de Gand), Nicolas Fischer (CNRS), Pilar González (Université Paris 7-Diderot), Dominique Kalifa (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne), Thomas C. Jones (Université de Buckingham), Elie-Benjamin Loyer (Université de Paris-Nanterre), Jeanne Moisand (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Katarzyna Papiez (Université Paris 4-Sorbonne), Isabelle Poutrin (Université de Reims), Philippe Rygiel (École Normale Supérieure de Lyon), Romy Sánchez (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne), Hugo Vermeren (Université de Reims)

 

 

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